Le lexique de la soumission

Bridé.e.s, dociles, bon.ne.s immigré.e.s, douces, aimables, pacifiques, on les aime bien, travailleu.r.se.s…

On m’a souvent parlé des Asiatiques en ces mots faussement élogieux.

Ces propos m’envahissaient d’un sentiment d’inconfort confus. Je ne savais pas exactement ce qui n’allait pas, mais je sentais au fond que quelque chose clochait. Comment une simplification peut-elle se prétendre positive pour moi alors qu’on valorise l’infini des horizons pour d’autres ?

A propos des Asiatiques, on mobilise souvent le concept de stéréotypes positifs. Mais positifs pour qui ? Être discret, est-ce positif pour la personne qui s’empêche de parler ou plutôt commode pour celles et ceux qui ne veulent pas entendre de critiques ? Etre travailleur, est-ce positif pour celle qui se tue à la tâche ou pour celles et ceux qui en récoltent les bénéfices sans mettre les mains dans le cambouis ? Etre doux, est-ce positif pour des gens qui réprime de la colère ou pour leur entourage qui attend une attitude modèle ?

Insaisissables à l’époque, ces remarques m’encombraient, me rongeaient, comme lorsque je m’énervais de ne pas comprendre l’énoncé d’un exercice de maths. J’ai préféré les chasser, me concentrant sur la langue française qui m’attirait tant, que mes parents ne maîtrisaient pas et qu’ils m’encourageaient à m’approprier.

J’ai d’abord attendu que ça passe, puisque ça allait passer avec le temps, me disait-on. Les mentalités changeraient naturellement pour le mieux au nom de l’amour des peuples.

Or, ça n’est pas passé. Les problèmes qu’on enfouit comme de la poussière sous le tapis en espérant qu’elle disparaisse comme par magie finit par nous revenir en plein visage.

Les mots que j’ai entendus dans la cour de récréation de mon école de région parisienne dans les années 80 sont les mêmes qu’entendent mes enfants plus de 30 ans après. Les mots qu’on m’a dits au travail, dans la rue, qu’on m’a envoyés dans la figure, je ne veux pas que mes enfants les endurent.

Je ne veux plus, je ne peux plus rester là à attendre, la bouche en cœur, la joue tendue.

Aujourd’hui la langue française, la seule que je manie, est devenue l’arme de ma propre émancipation.

Être rangé.e dans une case, quelle qu’elle soit, limite la perception de soi. Alors, que faire pour changer nos mots et nos esprits ? La langue française n’est pas immuable. De nouveaux mots entrent et sortent des dictionnaires chaque année, la rendant vivante et discutée par celles et ceux qui la parlent, reflet de nos réflexions et nos préoccupations.

Les mots qu’on entend, qu’on prononce, qu’on imagine, qu’on invente, décrivent et construisent nos réalités quotidiennes et futures. Notre langage révèle des rapports de force, son évolution est le fruit de combats d’idées et d’idéologies, et non d’un simple passage du temps ou de bonnes volontés. Les mots changeront quand nous les bousculerons.

Les mots en lien avec mes identités ne sont pas neutres. En tant que femme et Asiatique, ces mots qui me décrivent sont porteurs de connotations, de sens figuré, chargés d’histoire, d’images stéréotypées.

On qualifie mes yeux de bridés. Pourtant la bride n’est pas une forme géométrique. En anglais, slanted eyes propose une approche graphique, car le verbe slant signifie pencher, oblique. Le français traduit cette inclinaison à l’aide d’un accessoire avec une utilité certaine : la bride sert à diriger un cheval ; la bride d’une chaussure sert à maintenir le pied en place.

L’adjectif bridé, lorsqu’il est accolé à un organe de mon corps, ne fait pas un constat visuel, mais instille une idée de contrôle. Adossé à un continent, il suggère la soumission et la servilité. Le mot bridé appliqué aux être humains est franchement péjoratif et néanmoins utilisé fréquemment pour décrire les Asiatiques – même par les Asiatiques eux-mêmes – si bien que parfois il est substantivé en les Bridés.

Comment un seul mot pourrait-il fidèlement décrire la forme des yeux des populations de 47 pays, dont 7 les plus peuplés dans le monde, soit près de 5 milliards d’humains ? Rien que dans ma fratrie, issue des 2 mêmes parents, on n’a pas hérité des mêmes gênes oculaires. Le terme bridé ne recoupe aucune réalité géographique, puisque des personnes des quatre coins de notre planète ont des yeux de forme plus allongée. Je pense à des membres de populations natives d’Amérique du Sud ou des régions polaires d’Amérique du Nord.

La langue française a beau être riche en épithètes et attributs, il n’existe pas d’autre terme que bridé pour parler de mes yeux. Parfois, on dit en amande, mais je ne trouve pas non plus satisfaisant d’être comparée à une noix. Cette pénurie de vocabulaire n’est-elle pas spécifique à l’idée reçue que nous nous ressemblons tous ?

Le racisme nous met tou.s.tes dans le même sac. La construction de l’Autre le déshumanise. Même si nos yeux ont mille formes, ils ne sont encore décrits que par un seul mot. Même si nous avons 47 origines géographiques différentes, nous restons les « Chinois », un bloc monolithique de personnes interchangeables.

Quel lien est fait dans l’inconscient collectif entre nos yeux qui seraient bridés et notre culture perçue comme docile ? L’obéissance n’est pas ce qu’ils voient de nous, mais ce qu’ils veulent de nous. Le rapport entre la langue, la domination et le contrôle social des populations m’est apparu évident quand je me suis intéressée au féminisme.

Le mouvement actuel de féminisation des noms a un impact profond sur nos mentalités. L’enjeu n’est pas seulement linguistique mais social et sociétal. La bataille qui se livre autour des mots autrice, doctoresse, médecine, présidente… se fait l’écho d’une revendication égalitaire des femmes dans les espaces de pouvoir de nos sociétés. La féminisation des noms rend visible le travail des femmes qui sont encore moins payées qu’un homme à travail égal, qui n’accèdent pas aux postes à responsabilités, qui n’ont pas la liberté de faire les mêmes choix de vie.

J’ai décidé de retirer bridé des mots qui me désignent. Je ne l’utilise plus et lorsque quelqu’un le fait pour parler de moi, je m’autorise à les rectifier (selon ma disponibilité et mon humeur). Je propose de nouvelles pistes pour celles et ceux qui ne sont pas tranquilles tant qu’iels ne peuvent pas qualifier mes yeux : allongés, ovales, elliptiques, oblongs… pour le Robert, le Larousse, soyons folles, pour l’Académie Française. Construisons notre propre changement de vision.

Fréquemment utilisée dans le langage courant et dans le registre des plus jeunes, l’expression parler chinois m’interroge. Il me parle chinois est équivalent à Je ne comprends rien à ce qu’il me dit. Pire encore, certain.e.s l’emploient pour dire Il m’embrouille.

Le postulat de départ est celui de la complexité de la langue chinoise. Mais ces deux mots incarnent en outre la fourberie attribuée aux Asiatiques, renforcée par la théorie raciste du Péril Jaune au XIXème siècle qui a accompagné les politiques d’extension coloniale. Le Péril Jaune a alimenté le racisme contre les populations asiatiques en dressant un portrait alarmant de ces êtres si différents, si menaçants, si dangereux qu’il était nécessaire et urgent de les mater.

De mon point de vue, le chinois mandarin n’est pas une langue aisée à apprendre. Je m’y suis collée pendant plus de 20 ans, entre les bancs des écoles de chinois de Paris, les séjours linguistiques à Taipei et Beijing, les cours de langue et civilisation de la faculté de Nanterre. Sans succès.

Oui, le chinois est une langue difficile.

Mais quelle langue est facile ?

Les enfants français commencent l’apprentissage de leur langue dès la maternelle et la poursuivent jusqu’au lycée. Plus de 11 ans de cours de français, grammaire, orthographe, conjugaison, expression écrite… sont prévus avant le baccalauréat, diplôme de référence sanctionnant les études secondaires générales. En tant que langue étrangère, le français n’est pas des plus accessible et pourtant, elle n’en demeure pas des plus attractives. Combien de fois ai-je entendu des anglophones avouer j’ai appris un peu de français à l’école mais j’ai abandonné. Personne dans le monde ne dirait pour autant Je vous parle français en référence à la complexité de la langue de Molière.

La construction négative de l’image de la langue chinoise participe elle aussi à l’altérisation des Chinois, et par extension des Asiatiques. Ces gens qui parlent une langue bizarre, qui sonne bizarre, ils ne sont pas comme nous. Cette idée nourrit le racisme à l’encontre des personnes perçues comme asiatiques.

L’insulte Ching Chong illustre parfaitement ce racisme. Créée pour se moquer des sons de la langue chinoise qui affectionne les z, zh, x, ch, sh, j, r, ces mots désignent par association toutes les personnes asiatiques : les Ching Chong.

Dans le même registre, on trouve la recette pâtissière du chinois ou schneckenkuchen, une brioche alsacienne fourrée de crème, dont Wikipédia dit :

« Un des premiers importateurs français de ce gâteau ne parlait pas un mot d’alsacien et quand il se faisait livrer, le pâtissier lui présentait ses schneckenkuchen, devant la difficulté à prononcer ce mot, il répondait : « De toute façon, pour moi, c’est du chinois », le terme « chinois » serait alors resté pour le désigner. »

Son goût est celui du racisme : amer et humiliant, participant à cette altérisation d’une culture utilisée pour définir un objet qui n’a rien à voir avec la civilisation chinoise, mais en lien avec la perception qu’on en a : quelque chose d’entièrement insaisissable.

L’utilisation commune du terme chinois pour nommer une viennoiserie populaire pose le problème plus général de la substantivation d’un terme relatif à la Chine et de ses habitants pour qualifier des objets.

On appelle aussi chinois un ustensile de cuisine de type passoire ou tamis à la forme conique conçu pour filtrer des préparations liquides. Le terme chinoiserie signifie une tracasserie inutile, insignifiante. En anglais, le mot china désigne les porcelaines, fine china pour les plus délicates, dont les premiers imports provenaient de Chine.

Récemment à l’occasion d’un entretien avec le sociologue Eric Fassin pour le podcast Kiffe ta race que je co-anime avec la journaliste Rokhaya Diallo (épisode « Check tes privilèges blancs », Binge Audio, 12 novembre 2019), il a tenu des propos qui m’ont interrogée :

« J’essaie pour ma part d’éviter en général de dire « les Blancs », c’est pour ça que j’utilise plutôt blanc comme adjectif que comme substantif. Parce qu’en fait, on est blanc, on a des avantages en tant que personnes blanches, on a un privilège blanc. Mais si je dis « les Blancs » ou si je dis « je suis un Blanc », ça donne l’impression que c’est une substance. C’est un substantif donc on croit que c’est une substance. Et c’est pareil pour les Noirs, les Arabes ou pour n’importe quelle catégorie. Il y a un danger à croire que c’est des propriétés. »

S’il est banal d’utiliser des nationalités comme adjectifs (roulette russe, cor anglais, gym suédoise…) rares sont les références aux autres nationalités en tant que substantif.

Mise à part l’appellation sexiste les Anglaises pour désigner le débarquement des menstruations féminines (Elise Thiébaut dans « Ceci est mon sang », La Découverte 2017), franchement négative et qui perd du terrain avec la lutte féministe contre la précarité menstruelle, d’autres occurrences sont plutôt neutres. On dit faire une italienne au théâtre pour répéter un texte sans le ton pour une meilleure mémorisation d’un texte ou manger un yaourt petit-suisse.

Pourquoi le mot chinois est un nom commun décrivant plusieurs objets du quotidien ? Notons que même lorsqu’il est utilisé comme adjectif, comme dans casse-tête chinois, la connotation est péjorative.

Je suis aussi française qu’un.e autre. Pourquoi ma langue ne me ressemblerait-elle pas ? Les mots portent entre les lignes l’histoire de la domination de la Chine par les forces occidentales au début du XXème siècle, la colonisation de l’Indochine jusqu’en 1954 et la mise en servitude des populations asiatiques envoyées aux quatre coins du monde (« coolies ») pour subvenir au manque de main d’œuvre qui a encore cours aujourd’hui. Comprendre cette histoire pour savoir d’où nous viennent ces mots et idées reçues, les dépasser et proposer des avancées dans la langue comme dans le quotidien contre le racisme : c’est ça, le programme.

L’histoire ne s’efface pas, les mots non plus. Mais s’ils ne sont pas utilisés, les mots tombent en désuétude.

Expliquons à nos enfants, nos proches, nos collègues pourquoi les termes bridé, chinoiserie, chinois sont problématiques. Faisons évoluer notre vocabulaire, puisque la langue vit et évolue avec nous, ses locuteurs et locutrices. On déconstruira le racisme qui appartient résolument au passé et on continuera d’écrire notre histoire en ces (nouveaux) termes.

Changeons notre regard en pesant tous nos mots.

11 comments

  1. Votre target Tinder vient de vous envoyer l’emoji aubergine par SMS ? Non, ce n’est pas pour vous inviter a une moussaka party ce soir (ou alors cette personne fait partie du troisieme age). L’aubergine, la banane, la peche, et bien d’autres hieroglyphes numeriques, sont souvent detournes de leur sens premier pour parler de sexe sur un ton humoristique. Des les premiers emoticones, les internautes s’en sont servis pour faire des allusions grivoises.

  2. Vous ne combattez pas le racisme anti-asiatiques : vous l’instrumentalisez pour tenter de justifier votre propre racisme. Votre proximité idéologique avec Rockaya Diallo, une activiste d’extrême droite proche des indigènes de la République, suffit à discréditer tout ce fatras identitaire et communautariste.

  3. Pingback: Le racisme : as-t-on vraiment fait le tour du problème ? – Et si on changeait tout !

  4. Vous avez mon soutien, je partage ce billet qui mérite d’être mis en avant pour lutter contre les consciences, les bousculer : ceux et celles qui pensent que seuls les africains du sud et du centre, voire les DOM TOM, les maghrébins et les juifs sont victimes du racisme. Quelle belle erreur, et votre billet est une belle preuve, bien écrite, qui montre que les vrais victimes du racisme ne sont pas ceux et celles que l’on croit. Comme s’il y avait des gens plus méritant que d’autres ou comme si une catégorie de populations devait être prise à partie, et que les autres victimes ne mériteraient pas d’être protégées. Ainsi va le monde, on ferme les yeux, on dénigre certaines populations victimes de racsime pour mieux choisir nos propres victimes afin de les protéger, comme si elles étaient les seules concernées ?!

    Et depuis quand faut-il une médaille de la victimisation, depuis quand existerai t-il une hiérarchie des civilisations au nom d’une quelconque hiérarchie des formes de racisme. Nous sommes tombés bien bas.

  5. Pingback: :::1Bol2RⒶge::: [Reposito / Revue presse et rs • 25 au 28 novembre 2020] – akratnode

  6. Bonsoir,
    Je ne sais pas si ce que je vais dire est du chinois vert, ou jaune, ou du français bien blanc, mais j’ai l’impression qu’on redécouvre à chaque fois le fil à couper le beurre de la sémantique et l’eau chaude de la connotation. Oui, les mots signifient, et ne signifient pas toujours ce qu’on croit. Mais de ce pouvoir verbal d’affubler, d’assigner et de mettre en boîte les représentations, à faire des expressions triviales le reflet structuré du fond de la pensée, je crois qu’on commet une erreur par sur-interprétation.
    Oui, le langage est structuré comme un inconscient, si l’inconscient est grammatical et stéréotypé, il n’en n’est pas plus fasciste (n’en déplaise à Barthes) pour autant, et c’est accorder beaucoup de crédit au vent qui sort des bouches, que de prendre au sérieux tout ce qui se dit par habitude, usage ou commérage. Chinoiserie de ma part ? Les personnes sourdes, dans leur langue, leur gestes et mimiques, parlent-elles ainsi ? Comment dit-on « bridé » ou « jaune » dans la langue française des signes ? Je donne ma langue au chat et vous salue bien amicalement,
    Sexus Empiricus / Grenoble

  7. Bonsoir
    Les mots sont importants en effet car ils ne sont pas neutres comme vous venez de l’exposer. La construction du vocabulaire sur une réalité sociale révèle l’état de domination caractérisant celle-ci.
    L’approche d’Eric Fassin a l’inconvénient d’invisibiliser les réalités sociales agissantes et aux effets palpables sur l’expérience quotidienne des personnes racisés. C’est le fonctionnement social qui fait exister « Blancs », « Noirs », … Blancs dans le sens désignant tous ceux qui ne sont pas discriminés en raison d’une couleur de peau et/ou d’une origine réelle ou supposée. Cette définition a le mérite de mettre en exergue les discriminations racistes comme procédés de production d’inégalité de traitement …

  8. J’ai appris le chinois à l’université et, ce qui m’a toujours choqué, c’est quand un non sinophone me demandait « comment dit-on ceci en chinois ? », et, lorsque je lui répondais, répétait le mot ou la phrase non pas telle que je venais de la prononcer mais telle qu’il pensait que les Chinois parlent, avec les clichés dont il était imprégné–soit, à grand renfort de » ching chong » avec un accent pseudo chinois sortir d’un sketch de Michel Leeb. Même quand je venais de prononcer totalement autre chose.
    Une de mes amies a fait sa thèse sur les représentations des Chinois dans la littérature des écrivains qui ne sont jamais allés en Chine, elle est passionnante et donne à voir la construction et la transmission des clichés.

  9. Bonsoir, je viens de lire votre texte avec intérêt et je partage entièrement votre vision. Les mots ont un sens, ils ne sont pas anodins. Ils ont une vibration, une énergie, qui peut véhiculer le respect ou le mépris.
    Ils sont porteurs d’une assignation identitaire, de stigmatisation, et sont enfermant, aliénant, méprisants.
    Ils peuvent aussi être beaux ,quand ils sont choisis avec respect.
    Les expressions populaires sont aussi porteuses d’une vision raciste ou racisée. Je me suis déjà retr
    La référence aux objets est aussi très intéressante, avec une idée de reification et d’utilité.
    J’ai beaucoup apprécié la lecture de votre article et j’ai appris beaucoup de choses.

    Merci

  10. Bonsoir, je viens de lire votre texte avec intérêt et je partage entièrement votre vision. Les mots ont un sens, ils ne sont pas anodins. Ils ont une vibration, une énergie, qui peut véhiculer le respect ou le mépris.
    Ils sont porteurs d’une assignation identitaire, de stigmatisation, et sont enfermant, aliénant, méprisants.
    Ils peuvent aussi être beaux ,quand ils sont choisis avec respect.
    expressions populaires sont porteuses d’une vision raciste ou racisée.
    La référence aux objets est aussi très intéressante, avec une idée de reification.
    J’ai beaucoup apprécié la lecture de votre article et j’ai appris beaucoup de choses.

    Merci

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