ROM BAK BATTLE : ENTRAIDE ENTRE JEUNESSES DU HIP HOP

De Paris à Phnom Penh, Rom Bak fait danser les jeunes au son du hip hop

Le samedi 23 décembre prochain aura lieu la Rom Bak Battle, compétition de danse hip hop à Phnom Penh portée par un jury de nos danseurs franco-cambodgiens préférés : Rotha Tuy (que vous avez pu voir dans le spectacle Hashtag 2.0 du Pockémon Crew cet automne), Samuel Hak Sisowath et Zakary Peang.

Pour les chanceux qui passent les fêtes sous le soleil du Cambodge, allez kiffer la vibe et les soutenir au Pontoon #80, Street 172, Phnom Penh. L’entrée sera libre et le dancefloor chaud bouillant.

Le hip hop, une voie vers l’éducation avec l’ONG Tiny Toones

Rom Bak (breakdance en khmer) est un mouvement artistique partenaire de l’ONG Tiny Toones qui propose des ateliers de danse hip hop, des programmes et accompagnements pour enfants défavorisés.

Des collectes de dons seront organisés pendant l’événement Rom Bak Battle pour Tiny Toones.

L’INTERVIEW DE ZAKARY PEANG

J’ai posé quelques questions à Zakary Peang, danseur, DJ et membre du collectif Rom Bak.

Comment as-tu découvert le hip hop et la danse ?

Via la télévision française, vers la fin des années 80’s avec la série « Fame » et ses breakdancers, mais surtout Michael Jackson. Je dansais souvent seul dans ma chambre et aussi avec mon ami d’enfance Karim. On se faisait des Battles de Mickel Jackson style dans nos chambres respectives avec les fenêtres ouvertes ! Il y avait un gymnase à côté de chez moi où des breakers et des danseurs debout s’entraînaient. C’est comme ça que tout a commencé.

Que pensaient tes parents d’une carrière dans la danse ?

Mes parents pensaient que j’étais fou ! Ils s’inquiétaient pour mon avenir et ne voulaient pas en entendre parler. Mais j’ai eu la chance d’avoir été finaliste de La France a un incroyable talent 2009  sur M6, avec le groupe Secrets of Moonwalk mené par Ramady. C’est à partir de là que mes parents ont changé d’avis (notamment mon père). C’était ma plus belle des victoires. Ils ont enfin compris que la danse était le métronome de ma vie. Cette belle aventure a été incroyable!

Quelles sont tes relations avec tes racines cambodgiennes ?  

J’ai grandi à Belleville à l’époque où c’était encore le ghetto. Ado, je vivais mal mes racines asiatiques : je ne parlais jamais khmer, et je ne répondais à mes parents qu’en français. Ma mère cuisinait des plats du pays. J’ai fait un rejet de mes origines en grandissant, en voulant changer mon apparence, en essayant de me faire passer pour un métis. Avec les filles, on n’avait pas la côte !

J’ai souffert du racisme une bonne partie de ma vie. Avec mes parents, on s’est battu pour se faire respecter, ça n’a jamais été facile.

Malgré tout, j’avais ma bande de potes de toutes les origines, avec qui j’ai fait les 400 coups. J’ai toujours grandi et côtoyé d’autres communautés, j’ai eu la chance de voyager pour garder l’esprit ouvert et rester bienveillant envers tous.

Tes parents t’ont-il parlé de l’histoire du Cambodge ?

Plus jeune, mes parents me parlaient peu de leur traumatisme du génocide cambodgien. C’était des souvenirs effroyables. En grandissant, j’ai réussi à apprendre un peu plus sur leur histoire.

A vrai dire, je m’intéressais peu au Cambodge. Ce n’est qu’aujourd’hui que j’en apprends un peu plus sur mes origines.

Comment as-tu décidé de t’engager pour les enfants des rues au Cambodge ?

C’est en partie grâce à mon cousin Nimoty et mon ami Samuel Hak Sisowath qui me répétaient : « Va au pays » « Découvre ton pays » «  Il y a beaucoup de choses à faire » « Dans ton domaine, tu peux beaucoup apporter »  

Ce n’était pas une priorité pour moi. Mais plus le temps avançait, plus cela me tourmentait. La vérité est que je ne connaissais rien de mon pays et son histoire. Alors quand des non-Cambodgiens en savaient plus que moi sur le Cambodge et me disaient « tu dois y aller » Je me sentais coupable.

Le 5 Juillet dernier, Samuel m’a accompagné prendre mes billets pour Phnom Penh ! Je vais découvrir la terre de mes ancêtres, le pays de mes parents pour la première fois, le 4 décembre. Ca sera un moment intense!

Je me suis senti soulagé car j’ai ouvert une porte en moi qui a été longtemps fermée. J’avais une soudaine envie de transmettre. Je voulais absolument contribuer à ma façon. Mais, je n’avais aucune idée de comment, ou et quoi faire.

Alors, j’en ai parlé à Samuel, qui en a parlé à son cousin Vibol Lim, et c’est comme ça qu’a été relancé le projet « Rom Bak Battle » qui existait depuis 2013. C’était comme un rêve ! Vibol connait depuis longtemps le travail de l’ONG Tiny Toones, qui enseigne les valeurs du hip hop et offre des stages gratuits pour les jeunes en difficulté. Par la suite, Rotha Tuy et Khenory Sok nous ont rejoint et nous avons lancé le crowdfunding qui a atteint son objectif en dons !

C’est une réussite, et nous avons pu le faire grâce à vous.

Où peut-on te voir danser en France ?

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Quels sont tes restaurants préférés à Paris ? 

Guo Min à Belleville.

Oishi dans le 11e

5 comments

  1. Fier de toi Zak, t’es un bosseur! Tu n’a jamais lâché ta passion et c’est beau à voir.
    En tout cas on est de tout coeur avec toi. J’espère beaucoup de réussite et de bonheur! Tu le mérite. Bizzz

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