Les bouchées cambodgiennes de Chheng Sim


清心 signifie le cœur net. Ca peut aussi vouloir dire « avoir le cœur en paix ». C’est en tout cas le sentiment que m’inspire le couple qui œuvre au restaurant Chheng Sim, sa traduction en khmer. Dans le petit havre de paix de Monsieur Chheng et Madame Sim, l’assiette vaut le détour.

C’est une cantine kitsch dans la galerie des Olympiades. On y trouve des spécialités cambodgiennes et indochinoises. Au plafond, guirlandes de Noël, décorations rouges du Nouvel An Lunaire et tableau lumineux célébrant la beauté d’Angkor : on est bien en terre Chinatownesque.

A goûter absolument : les noum krouk, des mini-crêpes salées à base de riz gluant cuites dans des moules en fonte en forme de demi-boules, les banh khot ou takoyaki khmers. A Phnom Penh, on les déguste dans la rue, glanés aux stands ambulants ou devant le Marché Russe. Chez Chheng Sim, ils sont bien croustillants à l’extérieur et fondants à l’intérieur, farcis à la crevette et porc haché, arrosés généreusement de sauce nuoc mam et lait de coco. Une version végétarienne est aussi proposée, yay !

Leurs num kiem pav ou Kampot bao m’ont bien mise en appétit. Ca ressemble à un énorme ravioli, comme diraient mes enfants, ou plutôt une grosse bourse de pâte translucide, cuite à l’étuvée, au cœur de pousses de bambou, des crevettes séchées, du porc haché et parsemé de ces énormes échalotes frites qui donnent une haleine d’enfer (mais on s’en fout, hein).

Un excellent riz croustillant lao, nem lao ou nem thadeua, bien équilibré entre l’acide et le salé, un vrai régal. J’ai aussi aimé le porc kapik . Il ne pique pas du tout, il est à base de porc-épic… NAN C’EST PAS VRAI. Présenté de façon tout à fait caractéristique des plats khmers et indochinois avec une viande mijotée et marinée à la pâte fermentée à la crevette (le kapik, qui n’est pas si loin du prahok, la pâte à base de poisson fermenté) qu’on mange sur un lit de légumes crus : aubergines rondes, mangue croquante, carottes, concombres.

D’autres réjouissances m’attendent au menu pour les prochaines visites : poisson amok (LE plat phare de la cuisine khmère), namya (la bouillabaisse locale), loc lac, les marmites maison samlor … qui seront, je n’en doute pas, sublimés par le sourire discret de Monsieur Chheng et celui, plus franc de Madame Sim.

Arrivé en France au milieu des années 80, après avoir survécu à l’un des régimes les plus meurtriers de notre histoire, Monsieur Chheng a officié en salle du mythique Chinatown Olympiades, l’usine à banquets cantonais du quartier. Avec sa femme Sim, ils se sont décidés à lancer leur propre restaurant il y a quelques années pour le plus grand plaisir des curieux et des friands de cuisine traditionnelle cambodgienne.

Chheng Sim, Galerie des Olympiades, 44 avenue d’Ivry Paris 13 09 54 20 59 99

Ouvert en continu de 11h à 23h tous les jours sauf le lundi.

On a payé environ 20 euros par personne, le tarif syndical moyen à Chinatown.

Porc au Kapik 8,50 euros

PS. Merci à mon pote Michel qui m’a fait découvrir Chheng Sim

6 comments

  1. Bon bah encore une super adresse (la fille blasée!!!)
    Je m inquiète car vous ne bloguez plus comment je vais nourrir ma famille quand nous allons sur Paris? Je vais être obliger de manger a l aveuglette .comme avant de vous lire:misère,,misere
    Revenez vite ! amitié

  2. Testé hier soir, mon ami et moi sommes partis ravis de cette expérience ( nous n’avions jamais mangé au restaurant cambodgien), le patron est très sympa et n’hésite pas à répondre à nos questions. Nous avons goûtés les noum krouk et les kampot bao ( que tu nous conseille dans ton article), c’était super bon , pas cher bref un super moment.

    • MERCI ça me fait drôlement plaisir que ce restaurant vous ait plu !!! C’est des gens adorables qui font la cuisine avec le coeur et je suis vraiment super contente de cette expérience win-win, 1 point pour les aventuriers et 1 point pour les hôtes. BISES

  3. Après avoir fait Ducky, il faut vraiment que je teste ce resto avec des amis. Les Bao et les banh kot ont l’air trop bons.

    Une petite question néanmoins Grace, les arachides et les fruits à coques sont ils monnaies courantes dans ce restaurant ?
    Etant allergique à mon grand regret de fana de pornfood asiatique, je ne fréquente que les restaurants préalablement indiqués sur les blogs (ou dans télérama)

    Merci de nous faire rêver avec ton blog

    P:S Fais-tu toujours de la radio ?

    • Hello Paul. Hélas, comme tu le sais sûrement, la cacahuète pilée est fréquente dans la cuisine du Sud-Est asiatique (bobun, par exemple mais dans bien d’autres plats). Tout dépend de ton degré d’allergie. Ma fille ne peut manger de cacahuètes mais supporte les traces et l’huile d’arachide, alors il me suffit de dire « sans cacahuètes » quand elle commande son plat, et ils omettent la cacahuète pilée au dressage.

      Merci Paul pour la visite ! Pour le moment, non, pas de radio ! Mais j’aimerais bien ! BISES xooxoo

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