ODE AU FOLKLO

 

Pourquoi on a besoin de folklore pour aller de l’avant ?

J’adore tout ce qui est folklorique. Si, si je vous assure, ce n’est pas une blague. J’aime les arts populaires. Et en période de Nouvel An, je suis servie en la matière : on mange des pommes pour la paix, des clémentines pour la prospérité, de la grenade pour la fertilité, et j’en passe et des meilleures pour finir à la fête des lanternes à se coltiner des tang yuan pour favoriser l’harmonie de la famille. Tout est une question de symboles, de traditions, de croyances anciennes, de rites pour rassembler les femmes et les hommes autour d’un évènement, rythmer la vie de tous avec le renouveau. Encore et encore, brace yourselves people, on prend les mêmes et on recommence. The show must go on. Et, si possible, avec le sourire.

Oui, le sourire, je ne peux m’empêcher de sourire devant tout ce qui se prépare pour les fêtes. Le défilé, le confort des repas de famille, les copains qui passent faire un coucou, les grandes tablées, les magasins redécorés en rouge, tout ça, ça me réchauffe le cœur par les temps qui courent. C’est la 37e fois que je vais fêter le Nouvel An, mais je ne suis toujours pas blasée… et je crois que je ne le serai jamais. C’est ma 37e fois mais comme au premier jour, quand viendra le moment de se mettre à table, je vais exulter. Quand viendra l’heure des premiers battements de tambour du cortège, mes pieds vont danser. Quand viendra le temps de la distribution des lai see, je vais être comme une balle. Même si c’est désormais mon tour de mettre les sous dedans, la même excitation de voir les visages transis des gamins. Depuis 37 ans, ce folklore résonne en moi.

Ca me désole un peu parce qu’aujourd’hui, le mot « folklore » est devenu péjoratif. On dit « c’est folklo » pour dire « c’est pas sérieux ». On dit « on est tous le folklore de quelqu’un d’autre ». On dévalorise une certaine civilisation en associant le folklore au passéisme, à « avant » (sans le « c’était mieux »), au « traditionnel » par opposition à la « modernité », au « présent », au « maintenant », le « de nos jours » où on parle de « perte de repères » et de la difficulté de « créer du lien ». Abon, tiens, c’est bizarre.

Ca me navre un peu aussi parce que le mot « communauté » est devenu un gros mot. Quand on fait quelque chose avec ceux qui nous ressemblent, avec qui on aime s’assembler, avec qui nous partageons des valeurs communes, on se sent obligé de se défendre d’être « communautariste ». Beurk, je déteste ce mot. Comme si aimer sa communauté, ses communautés, était forcément synonyme d’exclure les autres. Comme si l’un ne pouvait cohabiter avec l’autre.

« J’ai des copines chinoises mais ne t’en fais pas, je suis quand même ouverte d’esprit et hyper sympa.»

Redorer le blason du folklore et de la communauté, est-ce là notre salut ? Savoir d’où on vient, s’accepter et célébrer nos racines, ce n’est pas pour autant perdre de vue le chemin qu’il nous reste à parcourir. Au contraire, il peut nous paraître moins incertain.

J’ai mis du temps à le comprendre mais un jour, je me suis autopersuadée et ça tient. Pour mon 37e Nouvel An, j’ai encore fait de la calligraphie (mais je suis toujours aussi nulle), j’ai peint un poussin à l’encre de Chine pour accueillir l’année du Coq de Feu (mais le mien était moche alors j’ai pris en photo celui du jeune d’à côté), j’ai découpé des papiers rouges et j’ai fait des photos avec le signe V de la victoire avec mes petits poulets. J’ai tenu à le faire en compagnie de mes enfants, les actes valant plus que les mots, pour leur dire que le folklore et la communauté, c’est que du bon et qu’on va les chérir comme des trésors, comme une partie de nous. Et quand on passera à table, vous serez tous invités.

En panne d’idées pour fêter le Nouvel An Lunaire ? Toutes mes idées folkloriques et communautaires ici.

Merci au Centre Culturel Chinois de Gentilly (Association des Amis de Nouvelles d’Europe) pour le Carnaval de la Fête du Printemps organisé les 21 et 22 janvier 2017. Un événement ouvert à toutes et tous, où on a croisé des têtes brunes, blondes et de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Le folklore, c’est la vie.

Vive les communautés, toutes nos communautés.

Bises mes bananes xooxoo

3 comments

  1. Bravo pour votre message. Oui arrêtons d’embêter les un.e.s et les autres parce qu’ils ou elles ont des traditions vivantes (du moment qu’elles ne font de mal à personne…). Ce n’est pas un projet politique, c’est de la culture…Et la culture c’est ce qui nous fait tou.te.s vivre…
    Tout le meilleur à vous,
    Egmont Labadie

    • Merci Egmont, vous avez bien raison. ET LA CULTURE BORDEL ? Il faut cultiver notre jardin, comme disait ce fameux philosophe qui est la cause de fautes de grammaire.

      • Dear Debbie,I can't believe that I did stage one today. Jim has not yet seen me jumping jacking around the house. It was fun though. I figured that one stage per day would be enoS.hguue

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