AI WEI WEI x LE BON MARCHE

Ai Wei Wei x Le Bon Marche

Les installations géantes d’Ai Wei Wei flottent comme de gros cumulus dans l’atrium du Bon Marché et détournent les regards des enseignes luxe les plus en vogue. Dragons, dieux singes, bêtes à 4 têtes… 22 créatures en bambou et papiers de soie blanche tout droit sorties de la mythologie chinoise, le « Shanghai Jing » ou Iliade et Odyssée de l’Empire du Milieu, en passant par l’imagination débordante de l’artiste chinois le plus bankable de sa génération.

C’est qu’en matière de bankabilité, le Bon Marché ne s’y trompe pas. Et s’ils ont invité Ai Wei Wei, fraichement libéré de son incarcération douteuse et sans aucun doute sous contrôle du Guoanbu, le Ministère de la Sécurité de l’Etat, ce n’est pas juste pour qu’ils leur fassent un tote bag et un livret de coloriage antistress (vendus 15 et 16 euros respectivement, tout de même. On est dans sur la rive gauche, oh).

Ai Wei Wei est un personnage remarquable et inclassable. Electron libre, il fait ce qu’il veut avec son art même depuis une cellule de prison. Même avec la Chine à ses trousses.

L’homme qui a dénoncé la corruption du parti central depuis les décombres du séisme du Sichuan en 2008 et qui s’est rendu à Lesbos en pleine crise des migrants, fait des selfies décomplexés avec Paris Hilton et Rachida Dati. Son message : n’essayez pas de lui dire ce qu’il doit faire : il vous emmerde.

Quand on met son parcours en perspective, ce n’est pas si étonnant, finalement, de voir ses œuvres exposées au Bon Marché. Car face à un plaid de salon à 999 euros ou un manteau qui, après la deuxième démarque, est soldé à 2 800 euros, on se dit : ouais, ces gens sont foutus.

Ai Wei Wei x Le Bon Marche

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