SHANGHAI BELLEVILLE

L’actualité cinéma asiatique de ce début d’année est riche comme une crème fouettée full fat. Jia Zhang Ke en salles, Beijing Stories de Pengfei sort demain (DU LOURD), Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase à la fin du mois (un film FOODPORN avec des DORAYAKI). Et dans la catégorie couleur locale, Shanghai Belleville de Show Chun Lee se joue en ce moment dans une poignée de salles parisiennes d’art et d’essai.

Shanghai BellevilleShanghai Belleville de Show Chun Lee avec Anthony Pho, Martial Wang, Carole Lo et Alice Yin. France, 2015 Zootrope Film 

Pourquoi j’aimerais le revoir :

D’origine taïwanaise, parisienne de cœur et anthropologue de formation, Show Chen Lee s’intéresse à quelques parcours de la diaspora chinoise à Paris, depuis le quartier de Belleville en passant par le 13ème.

On trouve dans ce conte moderne et urbain des personnages attendus. La prostituée du Boulevard de Belleville, celle que je n’ose pas regarder en passant faire mes courses. L’ouvrier migrant qui ne saura jamais ce que signifie le Code du Travail. La fille qui bûche dans un atelier de confection clandestin, les mains rêches à force de faire passer le fil dans le chas de l’aiguille. Le mec qui fait du nunchaku à la sortie du métro pour quelques pièces. Bon OK, lui, je ne l’ai jamais vu à Belleville mais j’aurais bien voulu. Surtout s’il ressemble au comédien du film qui a de très beaux abdos.

J’avoue, je n’ai pas tout aimé, il y a des trucs qui m’ont dérangée. La fatalité du stéréotype peut-être. Quelques incohérences, des raccourcis.

Mais les images de Belleville sont belles, les portraits des comédiens attachants, leurs histoires humaines touchantes.

ALLEZ VOIR CE FILM ! Il faut soutenir ces initiatives de création qui montrent sous un meilleur jour ce qui ne passe que dans Zone Interdite avec la connotation péril jaune.

Il y a encore beaucoup, beaucoup à raconter sur et par les Asiatiques en France.

Shanghai Belleville

Ma scène de bouffe préférée :

Une scène de raviolis, encore. Un trio improbable éméché au Mei Kwei Lu, l’alcool de riz au parfum synthétique de rose qui arrache, noyant leur désespoir entre les murs d’une chambre sordide de passe. Sur la micro table, une bassine en plastique, un plateau, la pâte, la farce et hop, on fourre un ravioli entre deux gorgées.

Shanghai Belleville

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