AN DI AN DI, LE NEOBISTROT ENTRE PARIS ET SAIGON

An Di An Di

Qu’est-ce qui se passe quand une  Franco/Chinoise/Cambodgienne mange à la table de 3 Franco/Vietnamiens, l’une qui parle parfaitement sa langue maternelle sans en avoir l’air, l’un sorti d’une école de cuisine prestigieuse et l’autre né et élevé en Martinique ? Eh ben, c’est simple : ça parle bonne bouffe non-stop, ça trinque au rhum-citronnelle-kumquat maison et c’est le coup de foudre multiculturel assuré.

An Di An Di veut dire « allez mange, mange » en vietnamien. Soit l’équivalent d’un « bon appétit », car prendre soin de ce que l’on mange en Asie, c’est se faire du bien tout court. Ce tout petit restaurant intime et souriant situé dans le quartier de Ménilmontant est un vrai bijou de bistronomie métissée : une cuisine française teintée de saveurs asiatiques, parfois le contraire, toujours une touche d’ici et d’ailleurs, à l’image de ses 3 Mousquetaires aux palais voyageur.

J’aime tellement les conversations avec des cross-cultural kids comme Adeline Gobin, Nhat Pham et Viet Nguyen. Pas de préliminaires maladroits du genre « Tu viens d’où ? » « Ah bon, j’aurais pas dit » « Mais, en vrai, tes parents, ils sont d’où ? ». On passe direct aux choses sérieuses : « Notre dernier voyage en Asie m’a inspiré un mango sticky rice » « le roti laotien avec le lait concentré sucré, miam ! ».

An Di An Di

An Di An Di

Ce soir-là, ils venaient d’être dévalisés en banh cuon, leur crêpe vietnamienne aux champignons noirs et émulsion de truffe. Damned. J’ai vite oublié ma déception avec quelques popcorns au saté et une salade de fleur de bananier au magret de canard. En louchant fortement sur les croquettes de porc au riz jeune et mayo wasabi-citron de mon voisin. Il m’a laissé gouter, elles étaient délicieuses.

L’autre must  de la maison : un filet de bœuf ultra-tendre et sa sauce Pho. Tout le goût d’un Pho dans une sauce, c’est fort  en  émotions ! L’idéal serait de pouvoir l’emporter chez soi dans un tube, comme le lait concentré sucré, et d’en assaisonner tous ses plats. La sauce nuoc mam/aneth/tomate du filet de bar était elle aussi remarquable. Vraiment un beau travail que de réussir à servir des plats aussi franchouillards avec des subtils Asian twists.

En dessert, le bec sucré d’Adeline Gobin a fait des heureux avec ces petits choux à la crème de sésame noir. Avalés en une seule bouchée. Je suis incroyablement partiale au sésame noir, l’un de mes parfums asiatiques préférés, si puissant et délicat à la fois. On n’a pas non plus laissé une seule miette de la barre aérienne choco-coco et la crème brûlée au jasmin, évidemment.

An Di An Di

An Di An Di 9, rue du Liban 75020 Paris 09 81 26 97 10 ouvert du mardi au samedi soir

ainsi que jeudi et vendredi midi contact@andiandi.fr

On a payé environ 40 euros par personne pour entrée-plat-dessert-vin.

One comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *